Elles
Elle. Elle, ni sombre, ni claire, simplement « elle », générique. N'importe laquelle de la multitude de cette moitié de l'humanité. Quelques exceptions. Quelques unes, plus libres, plus éduquées, plus fortes, vivent leurs sentiments, osent le refus. Mais, même dans nos pays libres, des contraintes, sociales, religieuses, psychologiques, souvent auto-imposées s'appliquent. Elles...
Alors... elles donnent, elles se donnent.
Elles donnent tout. Leur temps d'abord. Tout ce temps dû à la famille, à l'homme. Toutes ces tâches, ingrates, répétitives, voire dégradantes, dévalorisantes. Leur liberté ensuite, contrat signé, l'engagement plus fort pour elles que pour eux, la faute plus grave pour elles, la punition aussi, pouvant aller jusqu'à la mort, pour elles, rarement pour eux. Leur corps enfin. Un viol n'est pas forcément unique, rapide et violent. Il peut être légitime, fréquent et consenti à chaque étape, dans la peur, dans la honte.
Je parle d'elles. Collées à la terre, elles sont. Cette terre sur laquelle elles se couchent pour enfanter. Cette terre vers laquelle elles se penchent pour travailler. Cette terre à laquelle on les plaque pour les violer. Je parle d'elles, la moitié de l'humanité, moins quelques exceptions.
25/4/04