Ce texte est le "commentaire" sous forme de suite d'un texte de Caillou, que vous pouvez lire sur son blog:

 


http://cailloutendre.unblog.net/?p=291



Et comment taire la beauté? En faire une fresque où je ne dirai pas je, pour une fois? Comment taire cette beauté des mots et des vies? Je reprends tes héros, quarante ans plus tard, même lieu, ce qui me dispense d'avoir à planter le décor, je garde même le soleil qui ne l'aplatit pas encore.


On dirait qu'ils n'ont pas bougé, tendrement il l'enlace, elle laisse tomber sa tête contre son épaule, confiante, ils regardent les grandes ondulations, les hauts et les bas de la mer. Comme en eut tant leur vie.


Un parcours accidenté, fait pour elle de refus et de fierté, pour lui de rejets et d'absences mal comblés. Ils contemplent l'horizon, et avant lui, pas si loin, l'écueil de la retraite, de la vieillesse qui annonce la solitude. Ils n'échangent aucun mot. Tous deux mesurent les dix années d'errances qui les ont séparés, dix ans à se chercher, à s'attendre, des kilomètres de chemins à explorer, avant de comprendre qu'ils n'auraient de tendresse que partagée.


Elle repense à ces années où seule dans sa douleur elle en a éconduit pourtant, des prétendants! Aucun n'était à la hauteur, car elle ne voulait par aucun le remplacer. Elle détache ses yeux des flots, et son regard dit qu'elle se gardait pour lui.


Il pense à la distance qu'elle avait mise entre eux, lui imposant de chercher au bout du monde un semblant de réconfort. Il revoit ses efforts pour la ramener à lui, la folie au bout de tant de temps d'espérer encore. Puis ses mots, la lettre où enfin elle écrit qu'elle l'aime, que depuis tout ce temps, elle n'est qu'à lui.


En remontant de la balustrade, peut être penseront-ils ensemble au jour où il avait demandé au dessinateur de leur montrer son dessin, ce jour où pour la première fois ils s'étaient dit leur amour, et le long silence qui avait suivi.




25-27 mars 2008








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Tag(s) : #du sucre plein les poches