Absences.


Tu vois, maman, je sais m'occuper de moi, je suis grande maintenant.

Il a grandi le nourrisson dans son lit de toile bleue. Quand il a besoin de doux, de chaud, il s'efforce de le trouver tout seul. Il a compris, à force, qu'il était vain de hurler dans le trou noir de la nuit qui absorbe tout cri. Réveiller toute la maison ne ramènera pas la douceur de tes bras, ou le réconfort d'un peu d'eau sucrée.

Je suis grande, je dors seule maintenant, dans ma grande chambre blanche, sagement. J'ai appris à attendre en silence que revienne la lumière du jour, et qu'au matin tu apaises ma faim de lait et de tendresse.


J'ai un an, je sais attendre maman maintenant.



Maintenant je sais aussi que lorsque l'amour s'éloigne, il reviendra. Qu'absence et silence ne sont pas désaimance. Que repli et indépendance ne sont pas abandon. Je sais qu'il m'aime mon amour, même lorsque je ne le vois pas. Il pense à moi.

Et moi je l'invente, je l'écris-rêve, je l'inscris dans ma vie en mots d'encre. Malgré tout ce qui nous sépare, il est là, près de moi, sous les mêmes étoiles, en moi. Absence, je sais te faire vivre.


Il faut beaucoup de temps pour le comprendre, pour passer du dressage de l'attente docile, à la confiance aimante.

Un an?


Non, il faut beaucoup plus que ça pour apprendre le temps des hommes...


22 mai 2006


Que ton absence ne soit rien, quand je vis totalement pour ton présent.

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Tag(s) : #mot d'absence