C'est ainsi...


Elle se tient debout devant lui, saisit ses mains pour qu'il cesse de l'étreindre et qu'il l'écoute mieux.

Toute l'énergie de son corps au service du reflux de ses larmes, parce qu'il l'aime forte, ou plutôt elle pense qu'il l'aime forte. Elle dit enfin, articulant difficilement dans un demi-sourire un peu trop crispé:


C'est ainsi... Je sais maintenant que je ne serai jamais à toi pour la vie, le labeur, le quotidien, mais c'est un bon moyen pour que jamais je ne me lasse de toi. Jamais rassasiée, mon esprit toujours en désir, tendu du manque de toi, je ne pense qu'à toi. La passion toujours attisée, cet élan vers toi et toi seul, cette tension occupe mes jours et mes rêves. Je peux vivre avec cette douleur silencieuse au cœur, qui le fatigue et l'use. Je peux le malmener, c'est sans importance, il a trop d'avance. Je peux t'aimer ainsi, sans y poser de conditions, mais peut être pas toujours sans larmes.


Il la rapproche de lui, maintient sa tête contre son épaule et la laisse pleurer sans un mot ces larmes trop longtemps retenues. D'être enfin acceptées elles tarissent lentement, laissant un grand vide disponible pour accueillir l'amour qu'il n'a jamais cessé de lui donner, l'aimant telle qu'elle est, sans conditions.


Merci.

11 et 12 novembre 2008

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