vagues d'oxalis

chapitre 4

9ème partie



L'urgence, l'urgence d'écrire. Funambule ne cherche pas à intervenir sur le cours du temps, il préfère laisser les choses faire, advenir... Oui, funanbulette, je sais, si tout le monde fait comme moi... mais justement, ça tombe bien, tout le monde ne fait pas comme moi, et pourquoi devrais je faire comme tout le monde? Où êtes vous, d'ailleurs, vous aussi? Ah! Là! Sur le fil, distendu, assis tous les deux comme sur une balançoire, il te berce tendrement, tu en as de la chance, vas... mais que regardez vous avec ces yeux effarés? La sorcière? Elle  est encore là celle là! Que fait elle? Elle frappe le mur de ses poings, tant mieux, qu'elle se fasse mal et en crève, on sera tranquille. Amère? Tu dis que je suis amère? Non. Mais c'est gris aujourd'hui, à moi de faire que ce soit gris calme. Musique, alternance de vagues comme la vie, parfois passer en boucle un passage préféré, comme on revit une bulle dans l'évocation... musique... et avancer, cette journée a son fil qui se doit d'être déroulé, jusqu'au bout...

   

Mots des autres parfois me plongent au plus profond de moi, parfois me hisse sur le fil, en vibration avec l'humanité entière, c'est selon... selon la vague, l' avancée de l'oxalis, c'est mouvant, changeant d'une seconde à l'autre. La vie est mouvante, changeante, instable, sur un fil, fragile...

 


 

   Une autre urgence: sortir, ... pourquoi faut-il que tout soit toujours urgent?

 

   Marcher dans la ville et penser qu'un jour le fil se distendra, puis rompra, faire comme si ce jour était là pour supporter le silence du présent, tout en savourant l'idée d'être pour l'instant dans le temporaire de l'absence, peut être... 

    Repousser cette idée? Ou bien, m'en servir pour l'apprivoiser, pour être prête le jour où... le jour où ma peur sera réalité, ça aussi il me faut être prête à le vivre, et... rester moi même, quoi qu'il arrive. Combien de scénarios ai-je vécu aujourd'hui déjà? Je suis morte tôt ce matin, j'ai erré dans les banlieues de l'abandon toute la matinée, qui serais-je, que vivrais-je cet après midi? It's time... il est temps de vivre. Mais qu'est ce que VIVRE? Est ce vraiment faire le repas en ne pensant qu'à ça: éplucher, couper, cuire, assaisonner?

   Nébuleuse de rêves monte de tous les chaudrons du monde, vous croyez qu'il s'agit de fumée, mais non! Ce sont les rêves des femmes qui travaillent, à leur vain labeur éphémère, repas consommé sans un merci plus vite qu'il n'a été préparé. Allez... ajouter mes rêves à ceux de mes soeurs, sinon ils manqueront... voilà, il suffisait de trouver un rêve porteur... it's time... La terre tangue comme un bateau, elle roule sur la vague, ou est ce l'ivresse du funambule? -Et, j'ai rien fait moi! Me crie t'il de là haut, rien! Comment veux tu que je sois ivre avec du café, même cubain, et du radis noir? Dégoût de toute viande, dès lors que je l'ai vue crue, découpée, préparée... ivresse est elle faiblesse? La terre tourne, c'est normal qu'elle tangue, mais est il normal que j'en sente le mouvement? Sur le fil peut être. Vas y, essaye pour voir si tu ne sentirais pas la terre tourner: monte sur un fil, en équilibre, et regarde les nuages défiler... Alors? Et oui...


fin du chapitre 4

à suivre...


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