Vallée frontière

 

 

J'avais toujours vu le monde comme ça: partagé par deux types de frontières, les frontières de plaine et celles de montagne.

 

Les frontières de plaine nécessitent barbelés, miradors, soldats et chiens policiers. On ne peut pas ne pas les remarquer, les franchir est impossible.

 

Les frontières de montagne sont plus discrètes, passent aux sommets de monts ciselés, de façon naturellement inaccessibles. Le danger est dans la plaine, quand d'un coté et de l'autre rodent les douaniers.

 

Mais cette vision du monde était mensonge, il existait des frontières qui permettent de passer en douceur d'un pays à l'autre, sans s'en rendre compte, et je venais d'en avoir la preuve.

 

J'étais occupée à cueillir les mots que mon poète me donnait. Les yeux fixés sur l'horizon, nous l'avons traversée sans la voir.

 

Nous suivions la rivière, dans la nuée blanche du matin, plus nous avancions, plus je me sentais femme dans ses mots, dans ses yeux, et plus j'aimais la vie avec ferveur.

 

Les douaniers, l'auraient appelée Achéron et nous auraient voués à l'enfer. Elle n'était que Garonne qui, remontée ... menait nos sentiments de l' impossible réalité à l'infini de nos rêves.

 

 

11 avril 2009

 

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