rad'eau

 

Étrange coutume que celle de cette contrée

De ce pays d'eaux et de flots,

où les enfants, à eux même à peine nés,

à la rivière, sans ménagement sont jetés.

 

Certains s'y noient, faute de nager

assez vite, assez bien, ou saisis par le froid.

D'autres trouvent un îlot rocheux au mitan

s'y abritent apeurés par les flots violents

et n'en bougent plus, leur vie durant.

 

D'autres encore, s'accrochent aux branches

à celles qui pendent des arbres proches

ou racines perçant les berges.

La mangrove à vie les héberge

ils y font leurs nids, leurs réserves

pour eux le temps s'écoule tranquillement

au rythme des crues et des courants.

 

Une dernière catégorie,

une qui n'a pas tout compris

s'accroche aux branches elle aussi,

mais pas à celles qui peuvent fixer

ils choisissent celles qu'ils voient flotter

et toute leur vie se laissent mener.

De leur destin ne maîtrisent rien,

il dépend de la branche happée

dans leur détresse de naufragés.

Sur la vie n'ont pas d'autre prise

que cette branche de salut

à laquelle ils doivent la survie.

 

Si leur branche mène à la chute,

à la cascade du torrent,

leur vie ne sera plus que lutte

contre les flots tourbillonnants.

 

Mais si elle les mène vers un lac

tranquille paisible étendue d'eau

d'elles pourront se faire un radeau

pour accoster sur rive douce.

 

Là les attend le Sage

celui des plus heureux présages

il accueille ceux que le hasard

lui envoie sans rien prévoir.

Souriant il leur ouvre les bras

les héberge, les aide en attendant

que sur la plage sèchent leurs branches.

 

Puis, pour fêter leur naissance

à cette nouvelle vie sur terre

et avant la future vie de l'air

qui est celle des âmes du temps,

ils en feront grand feu de joie.

 

14/11/2013

 

 

 

 

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Tag(s) : #du sucre plein les poches