Aux jardins de mes pères
les lilas sont fanés
vous n'y trouverez guère
de quoi vous faire rêver.
Dans mes pauvres pâturages
il ne pleut plus assez
il n'y a plus d'ombrages
sous lesquels reposer.
Auprès de mon homme
il aurait fait bon dormir
nulle part ne trouverai
aussi joyeux désir.
Mes maigres prairies
les pensées ont désertées
les vaches grasses sont parties
ailleurs, il fait meilleur brouter.
Dans mes champs boueux
envahis de soucis
ne pousse plus rien de mieux
que la ronce et l'ortie.
Auprès de mon homme
il aurait fait bon travailler
nulle part ne trouverai
aussi doux à me conseiller.
Mes chemins, mes frères
ne peux plus rempierrer
dans toutes mes ornières
ne venez trébucher.
Et mes mûrs se lézardent
y suinte l'humidité
je ne sais plus quelles hardes
pourront nous réchauffer.
Auprès de mon homme
il aurait fait bon lutter
nulle part ne trouverai
aussi vaillant à avancer.
Les jardins au printemps
plus beaux refleuriront
c'est ce que disent les enfants
pourvu qu'ils aient raison!