Clara nous a proposé à chacun, j'ignore si c'est une tradition, de porter à Compostelle nos voeux, nos intentions, nos prières. Je n'ai pas voulu lui donner les miens. Raison rationnelle: je ne voulais pas peser, en aucun manière que ce soit, sur ses pas. Deuxième raison: dans la tourmente qui m'agite en ce moment, j'ai honte de mes voeux, très égocentriques, et tellement nombreux! J'aurais pu banalement lui confier mes désir de paix pour le monde, pour la planète, ils auraient été sincères, mais je pense qu'en parcourant ce chemin, seul, tout petit au milieu de la nature et des montagne, ce genre de pensées viennent d'elles même. Non, je pense qu'en voulant porter les voeux des autres, Clara cherchait peut être à se sentir en lien, moins seule dans son entreprise, et peut-être portée par ces pensées qu'on lui avait confiées. Donc la porter de mes pensées, ça, je peux faire, accompagner quelques un de ses pas pour qu'ils soient plus légers, plus doux. Comme un troc, un troc de pensées, elle porte mes pensées vers Compostelle, et moi je porte quelques un de ses pas chaque jour.
à suivre, pas à pas...