Gabriel Yacoub: "je resterai ici": 

 

 

Je n'irai nulle part promener mon cafard, barbouiller de blues les murs de la ville et les rendre aussi sombres que le noir des trottoirs.

Quitte à être inutile, à s'avouer fragile, autant le jouer futile et refuser l'effort. Je ferais tache dans le décor, si j'y trimballais mon corps. Autant rester là.

Tout lâcher, tout abandonner au hasard, me recroqueviller tout au fond d'un placard, sans bouger, pas respirer, que plus personne au monde ne soupçonne mon existence, ni même mon exigence de vie.

 

Si ce n'est pour Te voir, je préfère rester dans le noir, si c'est pour ne pas entendre ton appel, je préfère me boucher les oreilles rebelle, si c'est pour ne plus sentir tes caresses sur ma peau, autant dormir en attendant qu'il fasse beau.

Je ne lutte plus, j'assume.

Je ne désire plus, j'me consume.

Seul Ton regard, ou Ta voix, pourront me ramener à la vie.

                                                  .Adieu.

D'ici là je n'y suis pour personne. Je ne veux plus exister pour pouvoir rayer ce jour au calendrier de ma vie, pour pouvoir, lorsque Tu m'auras ranimée, l'oublier, décider que ce jour noir jamais ne fut. Ainsi n'ai je en mémoire que les jours de soleil où tu fais mon bonheur.

 

 

2 novembre 2010

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