Les étoiles du ciel, au matin étaient toujours là. Elle avait passé toute la nuit à les maudire, mais cela ne les avait pas fait fuir. Elle cherchait sa bonne étoile dans la multitude, dans une quête désespérée, elle voulait fermer les yeux à la mauvaise, détournait le regard, mais le hasard toujours, la ramenait dans son champ de vision. Sauf au quartier du ciel, qui, éclairé de lune, dissimulait les astres lointains. Alors, peut-être, se dit-elle, sa bonne étoile était-elle là, dans l'éblouissement du reflet solaire?

De la journée elle ne pouvait rien espérer. Bien sur que les étoiles étaient toujours là, elle le savait, mais elle éprouvait le besoin de les voir, savoir ne suffisait pas, il lui fallait du concret, une lumière visible à laquelle se raccrocher pour sortir de sa nuit.
Tout ce qui lui manquait, jour après jour, tout ce dont elle rêvait à longueur de nuits: la tendresse partagée, la présence aimante, la chaleur de la sollicitude, toutes ces blessures béantes comme autant de trous noirs aspiraient son énergie, sa volonté et même sa joie de vivre. Elle ne pouvait rien y faire qu'attendre. Attendre que la vie se fasse plus tendre.

Une nuit, n'en pouvant plus, elle sortit dans le froid, son sac emplit seulement de bougies et d'une boite d'allumettes. Elle chemina jusqu'à celui pour lequel son coeur battait, marcha toute la nuit, le jour suivant et arriva alors qu'il faisait de nouveau nuit. Elle monta au mont le plus proche, sortit et installa ses bougies de façon à ce qu'en bas, son aimé puisse les voir, les alluma et s'allongea dans la lumière et l'illusion de la chaleur.

En bas, derrière sa fenêtre, il vit d'étranges lueurs, comme si des étoiles étaient tombées sur la montagne. Il trouva cela beau, et ému, eut une pensée pour celle qu'il savait seule.
Le lendemain, tout le village était en émoi: une femme avait été trouvée, morte de froid sur le mont.

Les étoiles du ciel, chaque matin seront toujours là. Sauf une, mais il n'y a que lui qui le voit. Alors sur le rebord de sa fenêtre, en silence, il allume le soir cette petite flamme qui manque au ciel désormais: la bonne étoile qu'aveuglée de soleil elle n'avait pas voulu voir.


 

Sur un exercice de l'atelier d'écriture "l'ancre des mots" "les étoiles du ciel: Il s’agira pour chacun d’écrire un texte le plus poétique possible.
je ne sais pas si j'ai bien respecté la consigne "le plus poétique possible", j'ai fait ce que j'ai pu et suis allée où les mots m'ont menée.

 

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