Notre ciel n'était pas incertain
un désir violent guidait nos mains
mais ce furent les chasseurs
préfigure du malheur
qui brusquement mirent en joue
notre été de la saint martin
Aveuglés de soleil
nos yeux clos sur la chaleur
l'ardeur à fleur de peau
dans le pré nous étions beaux
trop beaux pour les traqueurs
de morale et de bonheur
Notre amour fut leur cible
le désir se fit blessure
que le temps n'effacera
et nous brûlera la morsure
d'un dépit qui ne se dit pas
il n'y pas que les balles qui blessent
Comme bêtes, pourchassés
sans un mot aucun
leur avons laissé le terrain
en faisant de nous leur gibier
débusquèrent en nous l'animalité
sur laquelle se construit l'humain
La nuit venue tu te fis cerf
et pour nous venger de nos frousses
du temps et de ses morsures
apaiser le dépit et ses griffures
nous nous sommes aimés dans la lumière
du halo d'une lune rousse.
13/11/2010