Sujet: « L’impertinence est le contraire de la pertinence.»proposé pour l'atelier d'écriture "l'ancre des mots".
Hors-sujet:
"Si, comme le prouve incontestablement leur racine latine commune (pertinens-entis), la pertinence -qui désigne quelque chose de parfaitement adapté à la situation- est bien le contraire de l'impertinence, désignant l'irrespect dû à une parole ou un acte déplacé, non adapté à la situation, il est moins facile de démontrer que les évidences sont les prémices de la providence.
Pourtant, tout un chacun pourra observer dans sa propre vie que ce qui s'impose d'abord à son esprit, puis à son entourage, finit par recevoir un secours exceptionnel. On se sent alors béni des dieux, tant ce qui est pour nous d'une certitude absolue semble bénéficier de chances et de grâces quasi divines. Tous les partisans de la pensée positive vous confirmeront qu'y croire et le considérer comme indiscutable suffit à faire advenir l'événement souhaité, à le forcer à arriver à point nommé.
Reste que parfois ce point nommé justement n'est pas toujours à notre goût. C'est là que la providence peut se faire pertinence, être parfaitement adaptée à notre tempo humain fait de désirs instantanés, ou frôler l'impertinence quand elle arrive trop tôt, ou trop tard dans notre parcours de vie. La providence nous fait alors l'impolitesse d'être à contre-temps.
J'ai souvent constaté ce phénomène dans ma propre vie. Il me fut donné de rêver un événement durant des mois, des années, puis, lorsqu'enfin cela se réalisait, c'était quand j'en avais épuisé le désir même, entièrement consumé dans l'attente de son avènement. J'en tire la conviction que mes rêves se réalisent toujours, mais toujours trop tard, à contre-temps.
Il me reste un désir, un rêve: imposer l'évidence d'un amour. J'espère cette fois -course engagée contre le temps- que la providence ne me fera pas l'impertinence d'un contre-temps."
J'ignorais, au moment de faire "l'exercice" la provenance de la phrase.