J'ouvre un œil, encore un matin
en bouche déjà l'goût du malheur
c'est vrai, plus besoin d'être à l'heure
je n'suis plus qu'un pauvre pantin
inscrit au pôle emploi
à la limite,
j'aimais mieux être marionnette
j'étais tenu par les ficelles
de mon emploi c'était plus net
que ces vacances perpétuelles
au pôle emploi
j'avais des collègues, des copains
l'patron on l'avait sous la main
en colère on savait lui dire
l'syndicat nous évitait l'pire
et l'pôle emploi
privé d'emploi j'suis désarmé
j'sais plus vers quel ennemi m'tourner
l'libéralisme il est bien loin
de nos ptits soucis quotidiens
et du pôle emploi
et comme c'est pas demain la veille
qu'c'est nous qu'on tir'ra les ficelles
not dignité est dans la rue
c'est d'là qu'nos victoires sont venues
et pas du pôle emploi !
Maint'nant j'ai l'temps, ça m'coute plus rien
aux manifs j'retrouve les copains
pendant que je marche avec eux
j'me sens plus fort et c'est tant mieux
loin du pôle emploi !
pour Minouche :
sur les pavés je rêve encore
j'pense à 36, mes grands parents
à l'après guerre, à mes parents
l'mot « solidaire » n'était pas mort
et naissait la retraite
quand j'rentre chez moi, j'vois mes enfants
je tremble pour eux, pour leur avenir
un ptit boulot de temps en temps
jour après jour, y font qu'subir
le pôle emploi
pas la peine que j'leur cause retraite
leur seul problème : pouvoir bosser
y m'répondent me prends pas la tête
on n'a pas encore cotisé
L'taux plein pour moi aussi c'est fichu
mes annuités, j'les aurai plus
y m'reste plus qu'à me débrouiller
trois ptits boulots et l'système D
et l'pôle emploi
à moins d'leur faire entendre raison :
c'est nous les forces de la Nation
sans nos bras pour eux pas d'profit
on peut leur bloquer le pays
et oui !
même si c'est pas demain la veille
qu'c'est nous qu'on tir'ra les ficelles
not dignité est dans la rue
c'est d'là qu'nos victoires sont venues
(bis, car faut bien insister)
Tais toi grand père, on n'y croit plus,
les beaux discours, on les écoute plus,
tu fais la grève, et dans la rue,
poursuis des rêves, qu'on n' a jamais eus
Toutes ces victoires dont tu témoignes
pour nous c'est d' l'histoire qui s'éloigne
l'progrès social, faudrait qu'on l'soigne
il a tourné à la foire d'empoigne
Pour nous qu'avons connu qu'l'a crise
vos discours sont des queues d' cerises
on n'reste jamais dans l'entreprise
plus de 3 mois, on n'a pas d'prise!
Les syndicats nous connaissent pas
n'sont adaptés qu'au salariat
les précaires et le RSA
ils n'avaient pas prévu tout ça!
Tais toi grand père, on n'y croit plus,
les beaux discours, on n'écoute plus,
tu fais la grève, et dans la rue,
poursuis des rêves, qu'on n' a jamais vus
poursuis des rêves, qu'on n' a jamais vus
---> Tango (la Teigne)