Vêtu d'un boléro noir sur sa chemise blanche dont il retroussait sans cesse les manches, Louis traversait le pont. Ce soir, il avait enterré la femme du garde-champêtre, une femme douce, qui cuisinait bien la fricassée et qui avait souvent eu pitié de sa chandelle. Il en avait assez des condoléances et des convenances, il était convoyeur de pompes funèbres, croque mort si vous préférez. Tous ces morts qu'il avait enterrés, l'air sinistre par métier, et ce soir, son Angèle qu'il n'avait pas pu pleurer devant l'assemblée, c'était trop. Tout de suite après le pont, à gauche il a tourné, vers le marécage. La mort l'y attendait, il lui sourit avec gratitude et mit la clé sous la porte. Le village dira, non sans humour, qu'ayant laissé sa lanterne au cimetière, en rentrant, il s'est perdu.
sur ces mots jetés de l'atelier de Gourdan: fricassée-lanterne-pont-gratitude-clé-boléro-chandelle-convoyeur-condoléances-garde champêtre- humour-sinistre
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