C'était il y a 15 ans environ, au parc de Compans, nous étions un groupe de mères de famille, pilier de parc, nous nous retrouvions quotidiennement avec nos enfants qui gambadaient en liberté sur les pelouses, tandis que nous les gardions à l'oeil, discutant entre nous sur les bancs.

Ils étaient petits, pas tous encore d'âge scolaire, et les mamans rêvaient. Certaines même élaboraient des stratégies : -je l'inscris dans telle maternelle, qui dépend de cette primaire là, qui donne droit à ce collège pour qu'il aille dans un BON lycée.

-Et toi? Me dit un jour l'une de ces fines stratèges, tu l'inscris où?

Moi? Incapable de me projeter plus loin que les prochaines courses, frigo toujours vide dans l'incapacité de stocker, rebelle à l'idée de penser ne serait-ce qu'aux prochaines vacances,

-moi? Je ne sais pas? Il ira à l'école du quartier, à celle où on peut aller à pied, et on verra.

-Ouais... t'as aucune ambition pour tes enfants toi!!

Je ne sais ce que sont devenus ces enfants nantis de leur bac d'un bon lycée, j'ai déménagé à 100 km de là, mettant ces établissements hors de nos prérogatives. Mes enfants ont fait leurs classes à l'école du quartier, celle où ils pouvaient aller seuls et à pieds, idem pour le collège et le lycée, et tout s'est bien passé. Ils sont maintenant en études supérieures, chacun dans la voie qu'ils se sont choisie, sans aucune projection de ma part, ni pour les pousser ailleurs, ni pour les décourager.

Petits, je les regardais vivre, grandir, se développer en m'émerveillant de leurs singularités, de leurs différences. Jamais je n'ai essayé de leur plaquer mes goûts, mes envies. Bien sur, cela se fait forcément, insidieusement, ils ont puisé dans ce qu'ils ont vu autour d'eux, mais ils ont su aussi aller au delà, découvrir des horizons bien éloignés de mes préoccupations.

Je les regarde encore, jeunes adultes, au début de leur chemin de vie autonome, et je suis encore émerveillée.

Quelque soit leurs chemins, je leur souhaite de rester au plus près de ce qu'ils sont, de ce qu'ils aiment faire et être.

Je n'avais pour eux, aucune autre ambition que les aider à trouver le bonheur d'être eux même.

Merci à mes trois grands.

3 mai 2014.

Le ciel et le soleil dans tes yeux, m'apprirent à voir le bonheur où il est, sans le chercher ailleurs. Merci.

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