J'ai pas les mots
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J'ai pas les mots, ou j'en ai trop
ils me fuient, ou me collent à la peau
j'ai pas mes mots
j'entends les vôtres, je les répète,
belles formules toutes prêtes.
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C'est comme des « coquilles de moi »
qui auraient éclaté, sans rien signifier
vides de mots mais pas d'émois.
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Vous voulez des mots !
J'vous en donne, à la pelle !
Je les ramasse, ils répondent à l'appel,
ils sont beaux, j'entends leur écho !
Je joue avec, j'les passe en boucle,
quoi ?
Maint'nant vous voulez que j'la boucle !
Trop c'est trop ?
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Trop de mots.
Pas les bons.
J'les répète, c'est bête.
-Ecoute, Lucas, écoute les oiseaux...
-Ne se répètent-ils pas les oiseaux ?
-Ecoute Lucas, l'âne qui braie...
-Ne se répète-t'il pas l'âne ?
-Ecoute Lucas, la cloche qui sonne....
-Ne se répète-t'elle pas la cloche ?
-Ecoute Lucas, le ruisseau...
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Je suis les mots du ruisseau
qui toujours coulent
jamais ne s'arrêtent
je suis les mots du ruisseau
qui toujours roulent
et qui vous embêtent
je suis les mots du ruisseau
qui débordent, envahissent
tous les interstices,
j'ai trop de mots.
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Ceux de votre monde qui m'inonde
Ceux de vos idées qu'on m'impose
ceux de vos choses qu'on me désigne
ceux de vos actes , j'm'y résigne
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Des mots remparts, porte ouverte
mots pont-levis, fenêtre grillagée
non, je n'donne pas si vite la clé
à qui veut visiter ma forteresse
il faudra, avec beaucoup de tendresse
savoir saisir au vol
le bon mot, çui qui à la réalité colle.
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J'connais pourtant les mots magiques
merci, bonjour et s’il te plait,
mais j'pensais qu'ils pourraient m'emmener
dans des univers féeriques
où tout serait à ma portée
j'connais pourtant des mots magiques
j'pensais avec eux m'envoler
vers des contrées magnifiques
dans un monde tout en beauté
j'connais pourtant vos mots magiques,
mais je m'lasse de les répéter
ils m'ont rien offert de fantastique
ils n'ont pas le pouvoir annoncé.
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Lorsqu'enfin cesse le silence
de ce monde que je n'comprends pas
je peux sortir sans violence
les mots que l'on attend, de moi
rentrer doucement, c'est une chance
enfin, dans ma « coquille de moi »
me taire, écouter ce silence
et le silence m'écoutera.
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À Lucas,
19 février 2015.
(NB: pas de lien entre le texte et la chanson).