Sur 10 mots de Caillou: lassitude, chomeur/euse/âge, culpabilité, honte, oisiveté, dérisoire, peur, tous ensemble, rire, métro.
plus 10 autres: lune rousse, lauriers roses, colline de pierre, calanque, plage, pieds, rêves fous, éclairer, attendre, clair de l'aube.
Méditerranéen
-Excuse mon retard, je suis désolé, je t'ai encore fait attendre.
-Peut-être que tu aimes ça?
-Quoi?
-Que je t'attende.
-Non, pas particulièrement, j'en ai honte en fait, et j'ai peur que tu t'en ailles, alors que je me dis que tu devrais, mais je n'arrive pas à fonctionner autrement.
-Ne t'inquiète pas, et n'aies pas de culpabilité, tu fais comme tu peux, je le sais, déjà, que tu sois là est un bonheur.
Elle était arrivée il a trois heures, après avoir parcouru la ville en métro, puis plusieurs kilomètres à pieds pour se rendre jusqu'à la plage. Elle l'attendait à l'ombre d'un laurier rose. Elle avait eu le temps de regretter de n'avoir emporté ni livre ni cahier. Pourtant, elle le connaissait. Puis l'oisiveté forcée avait fini de lui peser. Son esprit était parti au delà des collines de pierre, rejoindre les calanques . Là, le bruit de la mer annonçait la vague, et la vague emporterait toute lassitude, elle le savait, c'était toujours comme ça. Dans l'attente, elle apprenait à lui ressembler, elle comprenait son calme, sa sérénité, son acceptation de la vie, elle se sentait devenir lui: méditerranéen. Qu'il soit au chômage, libre de son temps, et que perpétuellement il la fasse attendre des heures dans les endroits les plus improbables, qu'il la bloque près d'un téléphone ou la cloître chez elle dans l'espoir d'une visite imprévisible, tout cela lui paraissait dérisoire maintenant. Elle ne vivait que pour ces moments pour lesquels elle avait attendu, qu'ils soient seuls, ou tous ensemble, avec les rires et les copains. Elle savait qu'il arriverait avant que la lune rousse n'éclaire cette plage, qu'il lui rendrait le temps passé à l'aimer en silence, il lui offrirait alors comme présent le clair de l'aube et leurs rêves les plus fous.
Elle reprit la parole et ajouta doucement:
-Je peux bien t'attendre, tant que ce n'est pas en vain...
Mardi 5 août 2008, 14h-17h
TEXTE DE CAILLOU SUR LES MÊMES MOTS: linkhttp://cailloutendre.unblog.net/?p=392