Deux fois déjà il m'a demandé: « et toi, comment tu vas? ». Deux fois j'ai repoussé la perche avec fierté: « tu vois, ça va, je nage toute seule, aucun problème! »


Mais comment nager sans arrêt sans s'épuiser? Je m'arrête une seconde, juste le temps de souffler, arrêt volontaire, ou imposé, qu'importe, je coule! Je n'ouvre pas la bouche pour crier, ça m'évite de boire la tasse, j'attrape la perche, depuis la rive patiemment tendue, malgré mes précédents refus.


Ouf, repos! Ne lâche pas ami, il en va de ma survie! J'espère ne pas être trop lourde, au bout de tes bras, ne pas trop peser de mes mots plombés.


Je reste accrochée, l'eau porte le reste du poids de mon corps, je peux souffler. Une fois mon souffle retrouvé, je peux doucement te dire les mots qui vers le fond me tirent. Un à un, doucement. Tu écoutes, tu entends, tu ne dis rien, c'est pas le but. Je n'attends ni solution, ni compassion, peut être un peu de compréhension, l'approbation aussi, j'aime bien.


Du poids des pensées je vide mon corps, et le courage, les forces, l'amour de la vie, emplissent l'espace libéré. Ainsi tenue, soutenue, je peux en toute confiance fermer les yeux pour regarder l' avenir s'esquisser: bassin chauffé, aseptisé, surveillé, peut devenir rivière sauvage aux rives embroussaillées, je sais les amis près de moi, attentifs. Même si mon chagrin n'est pas avouable, ils ne me laisseront pas me noyer.


8 février 2009

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Tag(s) : #du sucre plein les poches