Je n'aime pas voyager, ça étonne. Je ne bouge jamais, je ne pars en vacances que 5 jours par an, pour rendre visite à mes grands mères à l'autre bout du pays, c'est tout. Telle un stolon, je m' enracine où le destin me pose. J'ai l'impression d'être reliée à la terre où je vis par ce cordon qui s'étire douloureusement si je m'éloigne. Le moindre déplacement m'est un arrachement.
Alors c'est sur place que je change de monde, d'horizon, c'est sans me déplacer géographiquement que je me dépayse. J'explore un univers après l'autre, m'y donne à fond des années, en immersion j'en apprends le langage, j'en adopte les coutumes, je me fonds dans le décor, on m'apprécie, on m'adopte, on me naturalise.
Puis, lorsque cet univers m'est vraiment familier, je m'en éloigne lentement, on s'étonne encore que je délaisse ce pour quoi je me suis tant donnée. C'est que je fuis l'ennui qui découle de la routine de refaire indéfiniment ce qu'enfin je maîtrise. Je m'inscris alors dans un autre environnement, et j'y recommence mon immobile voyage. Des mondes précédents, je ne garde que les bons cotés et les amis. Car les amis sincères ignorent les frontières de mon statique nomadisme.
13 juin 2012
la rue Kétanou: ma faute à toi
j'ai retouvré les cigales dans la fourmilère, disparues de deezer: C'est dommage pour les discrets, mais les tiroirs ne savent pas applaudir.