Rupture de rythme: course dans la ronde
Alors je me suis mise à courir, pour en finir, vite, vite, sans m'arrêter. Vite, vite, apprenez moi à vivre, vite, vite, je ne veux plus perdre un instant. La terre tourne tourne, comme tourne la ronde de la vie, comme tournent ces cercles où j'ai tant de mal à trouver ma place.
Tourner, tourner dans la ronde de la vie en recherche de sa place sur cette planète, de son rôle, son utilité. Se justifier ainsi d'être né, s'excuser d'avoir survécu, restituer l'air consommé si possible avec plus-value pour la collectivité.
Mais tourne trop vite la ronde, accroche toi bien, attention si tu tombes, tu mourras sous les pas des autres qui eux ne s'arrêteront pas.
Accroche toi fort, attention si tu te trompes, les mains te lâcheront, vers l'extérieur la force t'enverra, et t'éjectera de la ronde.
Au centre, aux yeux de tous, de cette place tu ne veux pas, au moins tu sais ça.
Ne tourne pas à revers, change de ronde, prends l'engrenage, cette ronde arc-en-ciel a plusieurs couleurs, plusieurs étages. Tant pis pour le cercle qui t'éjecte et rejette une partie de toi, tu te replies, ne t'y donnes qu'à minima et cherche un cercle chaleureux où l'on t'acceptera toute, où tu pourras te donner toute, enfin te surpasser.
De la marche à la danse, soufflait un vent de folie sur mes pas, un vent de fantaisie et d'insouciance, enfin...
Arrivée
Je m'étais imaginée, au départ, que j'arriverai seule sur la plage, pour Te retrouver pour toujours mon Funambule, et voilà que j'avançais prise dans une immense farandole de mains mêlées et serrées, après avoir marché sur les sentiers, après avoir vu du monde pour ne pas oublier le monde, et pour que le monde ne nous oublie pas.
De mes pas j'avais appris que j'avais droit à ma place dans la ronde.
extrait de "GR10" octobre 2005- 21 février 06