Clara est partie seule. C'est cette partie du projet qui étonne le plus. Le chemin, elle l'a déjà fait, à deux. à deux c'est vraiment différent, on se sent soutenu, on peut partager les soucis et les tâches, on est plus que deux fois plus forts, plus que deux fois plus en sécurité que tout seul.
Seule comme on l'est dans la vie, comme l'est chaque être humain, personne ne pouvant jamais appréhender notre réalité, la conscience de vivre fait de l'humain un être seul dans sa tête. Personne ne pouvant faire de choix ou faire un pas, à notre place.
Seule comme je le suis dans ma vie, pour la mener à bien, pour décider, choisir et oser bouger, changer. Seule il m' est beaucoup plus facile de camper sur place que de me lancer à l'aventure vers d'autres choix de vie. Si Clara part seule pour deux mois avec seulement 7 kg de bagages (j'y reviendrai), je devrais quand même être capable de toute seule me choisir un logement et m'installer vivre à 15 km avec tout mon bardas!
Car si l'humain est intrinsèquement seul, il n'en est pas pour autant isolé. Personne ne peut vivre ou marcher à sa place, mais les autres peuvent aider, soulager, porter parfois certains poids avec nous.
Hier j'ai osé demander de l'aide, sans m'en sentir faible, ni démesurément redevable. Premier miracle du chemin mental que la mise en route de Clara a déclenché en moi.
à suivre...
les cigales dans la fourmilière