Ceux qui restent blottis, à l'ombre des grands arbres,

le printemps les oublie, les feuilles mortes couvrent leurs hardes.

Il faut, pour être vu, marcher sur les prairies d'un pas leste

que sur leur tendre vert, se découpe une silhouette

que verra celui qui veille le soir derrière la fenêtre.

 

Je reviendrai errer dans les feuilles mortes de l'année passée

marcher dedans de mon pas léger, sans les faire craquer.

Je reviendrai m'assoir devant votre porte, sans y cogner,

attendre que la fenêtre s'ouvre et répondre à l'appel.

 

Je reviendrai souvent errer sur les feuilles mortes

les ratisser de mes pieds pour que l'herbe tendre en sorte

et pousse vers la lumière de la lune éphémère.

Je te laisse le soin, le jour de l'arroser.

 

Je reviendrai souvent en marge de vos fêtes

écouter, regarder, assise sur un banc, discrète

jusqu'à découvrir de quelle étoffe je suis faite

jusqu'à apprendre que je peux être aimée

pour ce que je suis, plus que pour ce que je fais.

 

Je reviendrai toujours, la même idée en tête

sans même attendre vos demandes

de vos festivités me rêverai le héraut

tant que me fera défaut, le héros de ma propre légende.

 

Je reviendrai toujours, visiter vos royaumes

ma robe de mariée sous mon tablier blanc

pas plus gênante qu'un pâle fantôme

j'écouterai de loin, vos rires et vos chants

ma joie dissimulée dans mes peurs d'enfants.

 

Ceux qui restent blottis, en boule, à l'ombre des grands arbres,

la saison les oublie, les feuilles recouvrent leurs hardes.

On ne trouve un matin, après la fonte des neiges,

qu'un tas de vieux chiffons tout couvert de sève

assez pour reconnaître la robe d'épousée

d'une Reine oubliée et son blanc tablier.

 

 jeudi 12 juillet 2012

 

Merci à Alain pour l'étoffe des "hérauts/héros".

 

 

 

 

tri yann, le mariage insolite de marie la bretonne

 

 

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