Note après note s'écrivait la mélodie de Martha. Elle pinçait les cordes de son luth, mais les sons qui en sortaient étaient des mots, des mots fragiles qu'elle ne connaissait même pas.


Le refrain disait que l'amitié ne s'achète pas, que sa sympathie ne serait pas mesurée à l'aune de la quantité de travail qu'elle offrirait, que sa valeur humaine de dépendait pas de la somme de travail qu'elle faisait pour aider les autres, surtout s'ils n'en avaient pas besoin, ou ne le désiraient pas.


Les couplets énuméraient ces situations où ne sachant pas donner son amitié, ses sentiments, elle n'avait donné que ses forces, son temps, son travail, jusqu'à en être ridicule, pauvre Martha qui ne savait faire que ça: travailler.


Une seule personne entendit ces mots: Yousra qui venait de quitter le pavillon pour se rendre pour la première fois seule à la chapelle. Elle souhaitait rencontrer le maître du temps et ne voulait pas être vue de Martha. Elle attendit en écoutant les sons qui rappelaient à ses oreilles la Kuitra de ses ancêtres. Une émotion venue du fond des âges serra son cœur: le premier cadeau du maître du temps.


17 juillet

 

illustration sonore née d'un hasard, je cherchais des traces du luth arabe dans la musique de Gabriel Yacoub, quand j'ai trouvé ce morceau sur le site du bleu: link

bon voyage musical!

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