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Le barrage a cédé sur la rivière hier

et tout s'est écoulé, logique, au fil des flots

là où n'était lundi que tranquille ruisseau

est aujourd'hui saccage, bourbier, marécage.


Elle a tout lâché, les petits doux, les gros mots,

les lui a jetés sans retenu au visage

loin d'imaginer un tel fracas d'orage

elle espérait juste leur amour plus beau.


Le barrage a cédé sur la rivière hier

elle s'est mise à charrier toutes sortes de matières

blocs de granit énormes perdant toute retenue

écrasent sur les rives, faune et flore menues


Elle a tout déballé, même s'il ne fallait pas

dans l'inconscience totale de faire un mauvais pas

quand elle s'est rendu compte du désastre achevé

il était bien trop tard, leur amour avait tué.


Le barrage a cédé sur la rivière hier

l'eau tenue, contenue depuis des décennies

n'a pas pu sagement s'écouler vers la mer

d'une vague boueuse la plaine a englouti


Elle a tout avoué, jusqu'au bout d'ses colères

ses frustrations de femme, ses déceptions de mère

elle qui attendait des excuses de repenti

l'a vu prendre la porte, il est parti


Le barrage a cédé sur la rivière hier

submergeant la vallée et noyant toute vie

s'étalera un lac, à la place des clairières

pendant des siècles entiers, ou même des millénaires.


Elle peut bien pleurer, pas rev'nir en arrière

assumer maintenant, sa vie d'célibataire

peut-être a t-elle compris comme leçon de vie

que pour éviter les drames, il faut parfois se taire.


Le barrage a cédé sur la rivière hier

fragilité de la digue, ou force du contenu?

Elle peut pour l'avenir faire païenne prière

de n'avoir plus aucune larmes retenues.


8-2-2010

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Tag(s) : #musique!