à l'avance toutes mes excuses à Mireille pour cette chronique, en espérant ne blesser personne, car là n'est pas le but, et aussi tous mes remerciements à elle et aux autres présents lors de la discussion, pour l'induction de réflexion, et le partage d'opinions.
Merci aux retraités.
Oui, merci à vous, pour tout ce que vous faites de vos journées libérées de l'obligation de travailler pour manger. Merci pour ce temps, affranchi des huit heures d'indispensable labeur, que vous offrez aux autres, à vos enfants, à vos voisins, à l'entourage, à la société et à l'évolution du monde.
Merci pour tout ce que nous n'avons pas le temps de faire, ou que nous faisons mal, à la va-vite, en faisant mille autres choses, et que vous prenez généreusement en charge sur un temps que vous auriez pu considérer comme légitime temps pour vous:
-Merci pour votre jardinage intensif, dont les surplus que vous nous offrez allègent nos dépenses au marché.
-Merci pour le chemin militant, que vous maintenez balisé, pour une génération qui pourra ainsi l'emprunter, quand elle prendra conscience de sa nécessité.
-Merci pour les luttes que vous menez, sans lesquelles notre société serait encore plus un enfer d'individualisme sans pitié.
-Merci pour l'aide que vous apportez à vos enfants et petits enfants, en leur donnant de ce temps qui leur fait tant défaut au quotidien et en palliant aux défauts des services publics de petite enfance, et à la déstructuration du monde du travail que nous subissons.
-Merci pour votre présence auprès des plus anciens, travail qui sinon nous incomberait en surplus, du fait du manque cruel, encore une fois, de prise en charge publique du grand âge.
-Merci pour votre participation majoritaire, voire exclusive, à l'organisation du monde associatif et culturel de nos villages et petites villes. Grâce à quoi, lorsqu'il nous reste un peu de temps et d'énergie après le travail, nous pouvons profiter de spectacles ou de soirées d'information, en n'ayant qu'à mettre nos pieds sous la table.
Chacun sa place, chacun son rôle dans la société, et ce rôle n'est pas immuable, il change, selon les tranches de vie, l'âge. Merci pour toutes ces participations altruistes et bénévoles à la société alors que vous pourriez estimer avoir fait votre part du temps de votre activité rémunérée, et rester tranquillement dans vos chaumières à jouir d'un repos bien mérité.
Faisant par ces remerciements ma part du chemin, j'aimerais retrouver dans vos regards, un peu d'indulgence pour les travailleurs obligés, contraints à des horaires et des travaux non choisis, par un réveil qui sonne trop tôt, trop fort, trop souvent. J'espère votre indulgence pour nos propos stressés, nos actes précipités, nos actions bâclées car faites en même temps que mille autres, la tête chargée de mille autres pensées. Un peu de compréhension pour nos manquements, nos retards, nos coups de fatigue et autres coups de blues, quand l'indispensable repos est sans cesse ajourné. Un peu de décence en évitant de vous plaindre de manque de temps devant qui est privé du sien la moitié de sa journée. (Vous plaindriez-vous de votre rhume devant un cancéreux? Ou du sandwich SNCF devant un Sahélien?) Un peu d'admiration (on peut rêver) pour ceux qui cumulent, malgré les heures de contraintes salariées, les heures auprès d'enfants même grands (mais dont on tente de faire des Hommes dans cette société déshumanisée), et qui participent tout de même au monde militant, où, preuve s'il en fallait une du tour de force que cela représente quand on est encore en activité, ils sont infime minorité parmi les retraités. CQFD.
JiM,
SAMEDI 1er septembre 2012.
À la toute jeune retraitée du jour,
en lui souhaitant de savoir profiter le plus longtemps possible des heures de liberté que permettent son nouveau statut dans la société, et de connaître ainsi le plus tard possible le syndrome plaintif du burn-out du retraité!
gérald Genty : La retraite.