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Lorsque tu pars en traversée

sans me donner d'horizon

je reste au bord de la jetée

l'attente pour seul compagnon

Je reste là où nous étions

la dernière fois que fut matin

sans bouger, j'attends les rayons

de ton soleil pour sécher mes chagrins

 

 

 

Lorsque tu parcours les rivières

sans m'en montrer le gué

je m'isole sur un îlot désert

pour que tu saches où me trouver

Je reste où tu me chercheras

au poteau droit de nos banderoles

tu ne me trouverais pas

si je m'en allais en farandole.

 

Lorsque tu vas sans crier gare

sans même me donner un horaire

comment me retrouver si je m'égare

si je m'invente un itinéraire?

 

Il serait mieux que tu me mènes en bateau

que tu rallumes l'espoir même un peu trop tôt

j'embarquerais en pensées avec toi

pour ce pays des rêves où tu es roi

j'y suivrais ton soleil jusqu'à l'horizon

et même s'il recule une fois encore

j'aurais bougé, changé de décor

jusqu'à découvrir, tu avais raison:

 

ce pays où la confiance souveraine,

des prisons de l'attente, brise les chaînes

ce pays de liberté où ceux qui s'aiment

savent toujours se retrouver.

 

5/11/2010

 

Il me reste un voyage à faire: "attendre le matin"... Gabriel Yacoub

 

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