Petite ruse stratégique pour tenir le coup ces jours-ci, je me suis inventée une présence bienveillante près de moi. Quelqu'un d'aimant et de conciliant qui m'encourage, qui me dit que tout ce que je fais est bien, et qui m'aide aussi à économiser mes forces, à ne pas foncer dès que j'ai une petite parcelle d'énergie.
C'est doux d'avoir ainsi quelqu'un près de soi, quelqu'un d'attentif et chaleureux, qui ne juge pas, qui ne critique jamais, qui voit toujours le bon et le positif en tout.
Je comate trois heures dans ma déprime? C'est pas grave, quelque chose en sortira, quelque chose d'utile, il fallait que ça soit, comme un accouchement, c'est pas forcément beau, c'est plein de cris et de sang, et ça débouche sur du nouveau.
Cette présence m'entoure de chaleur, de tendresse, comble mon besoin de serrer quelqu'un, ou quelque chose dans mes bras, un tas de linge, un chat, très fort, contre moi. Cette présence me sourit, je lui parle. Elle a le mutisme des discrets pour me laisser enfin dire tout ce que j'ai à dire, tout ce que je dois taire le reste du temps, taire et cacher, enterrer. Cette présence m'entoure de ses bras rassurants, me caresse, me donne de la douceur. C'est comme une mélodie, chaude, ronde, douce, dont les accords harmonisent la vie pour m'éviter la chute. Chut...
Je regarde et je souris, je dis juste "merci".