Heure d'hiver
Tu aurais pu venir. Je me serais blottie, lovée contre ton corps. Mais avant ça, tu m'aurais doucement écartelée pour fouiller en moi et y dénicher le plaisir, extraire de moi ce plaisir qui déclenche le tien. Alors, nous nous serions blottis l'un contre l'autre tendrement.
Tu n'es pas là. Je me sens comme une petite fille fragile. J'ai besoin de chaud, de doux, de chaleur humaine. La grosse couette, blottie dessous, elle garde pour moi la chaleur de mon corps, douce illusion. Elle est chaude et douce, maman-couette. Mais il va bien falloir que je naisse ! Que je laisse maman-couette-cocon. Pour quoi faire ? Il doit rester un peu de repassage et il y a toujours des pommes à compoter. Mais pour quoi faire ? Pour ne pas, comme ça, rester toute la journée sous maman-couette-doux-cocon.
Alors je te rêve. Tu es là... tu entrouvres la porte de la chambre, doucement, tu me regardes, tu me souris. Tu m'envoies un baiser du bout des doigts mais tu ne me rejoints pas sous maman-couette-cocon-doux-abri. Non, depuis la porte, tu me tends la main, pour que de là je sorte, pour que je naisse enfin à ce jour ! « Un café ? -Oui, un café. » . Deux tasses vertes. J'arrive. Merci. Café fume dans nos tasses. Nous nous regardons en silence en attendant qu'il refroidisse un peu. « On ne peut pas toujours être gai comme un pinson ! ». Tu as raison et pinson approuve dehors, derrière la fenêtre. Ou peut-être est-ce mésange ou passereau prêt à passer l'hiver ?
Deux cafés, deux sourires, des yeux : quatre, deux cœurs, et un amour.
30 octobre 2013
Pas de musique, Deezer à l'air en panne.