Depuis que durait cette pluie, on n'était plus à quelques jours près! Une lande rouge et désertique s'étendait à perte de vue, la boue dans laquelle nous pataugions n'avait rien de naturelle, elle collait aux semelles, s'y accumulait, et à moins de s'arrêter tous les cents mètres pour décrotter nos souliers, nous grandissions à mesure que nous avancions.

 

En d'autres lieux, les pèlerins portaient une jarre qui s'alourdissait de leurs peines au fil de leur progression. Mais cela ne résultait pas d'un choix, ni même d'une étape de la vie, ou d'une tare qu'il aurait fallu compenser, non, le fait que nous ayons été envoyés dans le monde par cette porte et non par une autre n'était que le fruit du hasard.

 

Maintenant que nous y étions, ce n'était pas la torpeur qui allait nous aider à nous en sortir, il fallait réagir et avancer. Malgré la pluie. A chaque pas cette dose de rage sous les pieds accumulée, nous pouvions ainsi, cette colère, du  geste même d'avancer, la piétiner.

 

29/3/2011

 

 

Publicité
Tag(s) : #du sucre plein les poches