Devant mon incapacité à me faire vivre moi même, une amie s'étonne: pourtant, tu es "riche", tu écris, tu es pleine de plein de choses, comment ça se fait que tu te sentes vide lorsque tu es seule?
Comment ça se fait? À quoi sert la richesse, d'argent ou de cœur, si elle ne sert à l'échange, au partage? Même mes textes, mes écrits, ne naissent que des rencontres, de la vie. Dans ma tour d'ivoire, je ne sais parler que des murs lisses et blancs qui m'entourent, et des angoisses qui profitent de l'espace pour le conquérir et l' envahir.
Si je suis riche, ce n'est que de vous mes amis, vos idées qui parfois me heurtent et me forcent à préciser ou affirmer les miennes, qui parfois me confirment que mon chemin est le bon, mais qui toujours me rappellent que les chemins de vie sont multiples et tous respectables.
Pour vivre j'ai besoin d'un tiers, réel ou rêvé, d'un dialogue interne, de la sensation d'une présence bienveillante. Un ange gardien? Enfant je parlais à Stéphan, mon frère qui ne vécut que deux jours, mais pourquoi ne parlais-je pas avec mes frères et soeurs vivants et présents? Pourquoi ces heures passées à écouter les âmes du temps? Me sentais-je incomprise des vivants?
Depuis toujours la solitude me ramène vers ces contrées d'après (ou avant) la vie, où seule la pensée existe, où le corps ne sert plus à rien. Merci aux amis qui savent me sortir de là, me prendre par la main pour faire les quelques pas qui me séparent de la vie et me relancer vers l'énergie.
Oui, merci à vous, car j'ai besoin de vous pour me sentir exister, vivre, vibrer, aimer. J'ai beau aimer le vent, le soleil et le silence, eux me disent rarement que ma vie est utile et que j'ai raison de rester vivante.
21juillet 2012
via el mundo