Une île.
Il faut être très vigilant lorsque l'on fait un vœu! Imaginez un instant qu'il se réalise vraiment! C'est la mésaventure dont je fus victime et que je vais vous conter.
C'était l'été. Un été surmené, sans un instant à moi, sans intimité, sans repos. Au milieu de cette tourmente j'ai émis le vœu d'être sur une île déserte. Seule, sans bruit, sans personne, sans téléphone, sans sonnerie à la porte, sans horaires, sans rien.
C'était sans compter sur cette nuit magique, où les étoiles défilent au ciel et dans nos cœurs. J'ai dû le vouloir trop fort, au passage d'une de ces fugitives: avant l'automne j'étais propulsée sur l'île, isolée à souhait, de mon désir.
Le bonheur! Le silence, le calme, la mer protectrice du repaire, le repos, enfin! Le bonheur... quatre jours, huit jours, un mois... déjà le bonheur se teintait d'un peu d'ennui, de nostalgie de la chaleur humaine. J'avais fait et refait mille fois le tour de l'île et je me sentais à présent comme le poisson rouge dans son bocal rond: bloquée.
Que je vive ou pas? Quelle différence si personne ne le sait, si personne ne me voit vivre, si je n'interagit avec personne? Je regarde le ciel immense et me dit que je pourrais aussi bien me diluer dans l'eau profonde que cela ne changerait strictement rien à la marche du monde. Même mon île ne me regretterait pas! Comment me sentir en vie si ma présence ici ne change rien, ne sert à rien, ne construit rien?
Si seulement j'avais souhaité le désert! Je pourrais, à l'heure actuelle marcher, marcher sans jamais m'arrêter, vers la vie, vers mes frères, les rejoindre à force de mes pas, avancer. Mais là... Je n'ai plus qu'une seule solution: attendre à nouveau le passage des "fugaces" au ciel des désirs et vouloir assez fort, au bon moment, pour rejoindre la vie. Cela peut prendre du temps, peut-être tout le reste de ma vie, je peux vieillir ici, seule, et peut-être même y mourir.
À moins que l'un, l'une, d'entre vous, ne trouve ce message et affrète son plus beau voilier pour venir, de mon île, me délivrer. Je ne promets nul trésor, je suis d'un naturel chagrin, pas drôle, je préfère le travail aux divertissements, mais j'ai besoin de vous, amis, camarades, copains, voisins, j'ai besoin de vous pour me sentir en vie! Et si un jour, je réponds non, à l'une de vos sollicitations, vous aurez gagné: vous m'aurez offert assez de vie pour me donner envie d'un peu de solitude, d'un peu de repos. Mais un peu seulement, des îles et des déserts, point trop ne m'en faut!
25/11/11
encore de la joie! on en a tant besoin
alegria cirque du soleil